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8 000 à 15 000 personnes manifestent dans l’Eure contre les pesticides agricoles

Près de l’usine Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne, une cinquantaine d’organisations ont dénoncé la loi d’urgence agricole et un projet de loi européen.

Timothée Arnal Par Timothée Arnal
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8 000 à 15 000 personnes manifestent dans l’Eure contre les pesticides agricoles
Photo d’illustration. Rassemblement nocturne d’une foule nombreuse dans une rue lors d’une manifestation.

Des milliers de personnes ont manifesté le 3 octobre 2026 près de l’usine Syngenta de Saint-Pierre-la-Garenne, dans l’Eure, contre l’usage agricole des pesticides.

Le rassemblement s’est tenu aux abords d’un site industriel lié aux produits contestés, mais ses revendications dépassaient l’activité de cette usine. Les manifestants dénonçaient plus largement la place des pesticides dans l’agriculture ainsi que deux textes politiques, l’un français et l’autre européen.

La journée a réuni des organisations agricoles, écologistes et sanitaires. Cette diversité montre que la contestation associait plusieurs préoccupations, depuis les pratiques agricoles et leurs règles jusqu’aux conséquences sanitaires mises en avant par certains collectifs.

Deux estimations très différentes de la participation

La préfecture de l’Eure a évalué la participation à 8 000 personnes, tandis que les organisateurs ont avancé le chiffre de 15 000 manifestants. Ces comptages divergents ne permettent pas d’établir un total unique, mais ils attestent tous deux l’ampleur du rassemblement à Saint-Pierre-la-Garenne.

Les deux évaluations et la localisation de la manifestation près de l’usine Syngenta ont été rapportées par France 24. Le même écart de comptage figure dans le récit de 20 Minutes Planète.

Au-delà du nombre de participants, l’ampleur de la mobilisation se mesure aussi à la variété de ses soutiens. Une cinquantaine d’organisations étaient à son initiative, ce qui exclut de réduire l’événement à l’action d’un collectif unique ou à la seule composante écologiste.

Des acteurs agricoles, écologistes et sanitaires

Les structures mobilisées intervenaient dans des domaines différents. Leur présence commune reliait la question des pratiques agricoles aux préoccupations environnementales et sanitaires associées aux pesticides.

  • La Confédération paysanne, organisation syndicale agricole, comptait parmi les soutiens du rassemblement.
  • Les Soulèvements de la Terre représentaient l’une des composantes écologistes mobilisées.
  • Cancer Colère portait des préoccupations sanitaires.
  • Le Collectif de soutien aux victimes des pesticides de l’ouest figurait également parmi les organisations engagées.

Cette composition illustre la pluralité du mouvement. La présence de la Confédération paysanne inscrivait notamment une composante agricole dans une contestation qui ne venait donc pas uniquement de l’extérieur du monde paysan. Les organisations n’avaient pas nécessairement les mêmes activités ni les mêmes priorités, mais elles se retrouvaient autour de l’opposition à l’usage des pesticides dans l’agriculture.

Une personne portant un pulvérisateur dorsal projette un produit sur de la végétation dans un champ.
Photo d’illustration. Application d’un traitement liquide sur des cultures à l’aide d’un pulvérisateur manuel dorsal. Source : Pexels. Photographe : Abdul batin. Licence Pexels.

Fleur Breteau, porte-parole de Cancer Colère, a déclaré avoir « épuisé tous les recours démocratiques ». Son propos exprime la position de son collectif et éclaire la dimension sanitaire portée par une partie de la mobilisation, sans résumer à lui seul les motivations de tous les participants.

D’autres personnes ont manifesté pour des raisons directement liées à leur entourage. Bastien a expliqué être venu en mémoire d’une amie décédée d’un cancer dont aucune cause n’avait été identifiée. Son témoignage rapporte une motivation personnelle, mais ne permet pas d’attribuer cette maladie à une exposition aux pesticides.

Une contestation tournée vers deux textes politiques

La mobilisation ne se limitait pas à l’implantation industrielle de Saint-Pierre-la-Garenne. Les manifestants dénonçaient notamment la loi d’urgence agricole et un projet de loi européen relatif aux pesticides. Le rassemblement reliait ainsi un lieu de production à deux échelons de décision politique.

Le premier dossier inscrivait une partie du débat dans le cadre français. Le second le plaçait à l’échelle européenne. Dans les deux cas, les manifestants contestaient des textes concernant les règles applicables aux pesticides et à leur usage dans l’agriculture.

Le choix des abords de l’usine Syngenta donnait une dimension concrète à cette opposition. Les participants mettaient en regard la production industrielle des substances contestées et les décisions politiques encadrant leur emploi agricole. L’événement ne se réduisait donc ni à la seule activité du site, ni à un débat législatif détaché du terrain.

Ce lien entre agriculture, alimentation et environnement aide à comprendre la diversité des acteurs présents. Il ne signifie pas que tous défendaient la même vision du modèle agricole dans son ensemble. Leur point commun établi restait la contestation de l’usage agricole des pesticides et des deux dossiers politiques mis en avant durant la journée.

Le rassemblement ne permet pas d’établir une évolution de ces textes, des politiques publiques ou des pratiques de Syngenta. Il matérialise en revanche une opposition collective portée par plusieurs milliers de personnes et des dizaines d’organisations.

Des gaz lacrymogènes employés en fin de journée

Quelques heurts ont éclaté à la fin de la manifestation. Les gendarmes ont alors employé des gaz lacrymogènes. La durée des incidents, leur origine précise et leurs éventuelles conséquences humaines ou matérielles ne sont pas documentées.

Cet épisode reste donc circonscrit aux faits rapportés : des affrontements se sont produits en fin de journée et ont entraîné l’intervention des forces de l’ordre avec des gaz lacrymogènes. Rien ne permet de l’étendre à l’ensemble d’un rassemblement marqué auparavant par la présence conjointe d’acteurs agricoles, écologistes et sanitaires.

Photo à la une. Source : Pexels. Photographe : Viviana Ceballos. Licence Pexels.

Timothée Arnal

Recettes, nutrition, environnement et société

Timothée Arnal

Timothée Arnal a travaillé dans une association de protection animale à Montpellier. Il écrit sur Vegmag à propos d'environnement, de l'actualité des personnalités véganes et des sujets qui font parler. Il vit avec deux chats adoptés.